La cité secrète et le 11-Septembre

Chapitre 2 – Normand le philosophe – 2e partie

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Photo: Ed Wescott

23 janvier 1944

Au moment où l’opératrice de calutron de l’usine Y-12, Gladys Owens (à droite), regarde l’objectif de la caméra d’Ed Westcott, elle ne se doute pas un seul instant qu’elle participe à la fabrication de l’arme la plus meurtrière qu’ait connue le monde. En osant un demi-sourire, elle ignore qu’elle participe à ce qui sera un massacre historique, dans lequel périront au moins 225 000 personnes.

C’est peut-être le 6 février ou le 19 août 1944, aussi. Je ne connais pas la date, donc je l’invente pour faire plus dramatique. Ce qui est sûr, c’est que la photo est prise en 1944, et que Gladys ne réalisera que 50 ans plus tard, lors d’une visite publique de l’usine, qu’elle a collaboré malgré elle à la tuerie de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants en l’espace de quelques secondes.

*

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L’un des nombreux panneaux rappelant à la population d’Oak Ridge de fermer sa yeule. Photo: Ed Westcott

Oak Ridge, Tennessee, 1945

Cité secrète, job secrète*. Près de 100 000 personnes travaillent pour le gouvernement sur un projet clandestin. Le savoir et le travail sont soigneusement compartimentés afin de préserver le sinistre mystère. La vaste majorité des habitants, quoique très conscients qu’ils doivent se taire – sous peine de 10 ans d’emprisonnement – ne savent même pas quel est le secret diabolique auquel ils sont tenus. La plupart ne l’apprennent que le 6 août 1945, par les journaux, le jour où le tristement célèbre projet Manhattan est révélé au monde entier, dans toute sa catastrophique splendeur.

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Ce jour fatidique, la première bombe nucléaire de l’histoire, surnommée « Little boy », est lâchée sur Hiroshima, tuant sur le coup environ 80 000 personnes. Ils sont presque autant à mourir des radiations dans les quatre mois qui suivent. Avant la fin de l’année, approximativement 70 000 autres meurent des suites de l’explosion de « Fat Man », la deuxième bombe, lancée sur Nagasaki 3 jours plus tard.

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Yé on a tué plein de monde. Célébration à Jackson Square au centre-ville d’Oak Ridge en août 1945. Photo: Ed Westcott

Oak Ridge n’était rien de moins que le lugubre berceau de la bombe atomique. La cité clandestine, à l’époque au 5e rang des grandes villes du Tennessee, était au cœur du projet Manhattan, et pratiquement aucun des habitants n’était au courant. Quelque 24 000 autres personnes travaillaient aveuglément sur cette opération barbare d’une ampleur colossale dans deux autres « villes cachées » aux États-Unis. Selon un article de Life de 1945, seulement quelques dizaines de personnes aux États-Unis savaient en quoi consistait réellement ce macabre projet.

*

C’est quoi le rapport avec le 11-Septembre?

Je n’aurais jamais pensé qu’il y en avait un, n’eût été une suggestion de lecture que Normand le philosophe, « reconnu pour son esprit critique », m’a envoyé le

12 août 2016

« Pourrait vous intéresser: http://www.skeptic.com/eskeptic/11-09-07/

-Non.

-OK. »

Short and sweet.

J’ai juste lu le titre : “Is there any scientific validity to the claims of 9/11 controlled demolition conspiracists about the collapse of the World Trade Center buildings?” (Les affirmations des complotistes du 11-Septembre voulant que les édifices du World Trade Center se soient effondrés par démolition contrôlée ont-elles une quelconque valeur scientifique?)

« 9/11 control demolition conspiracists »? Désolée, mais quand tu dénigres les gens ayant un point de vue que tu t’apprêtes à analyser minutieusement, ça démontre que ton analyse est biaisée, dis-je à Normand qui me répond :

« La revue qui publie l’article a écrit cela, mais le titre de l’article, donné par l’auteur qui a débattu avec Gage est: 9/11 and the Science of Controlled Demolitions

– ok, alors je vais le lire… »

La revue qui a écrit le titre dénigrant, Skeptic.com, Normand la recommande quand même pour « aiguiser sa pensée critique ». Ish.

J’entame donc la lecture recommandée par celui qui fut mon mentor. J’arrête après le premier point.

L’auteur, Chris Mohr, écrit :

Vous ne pouvez pas préparer secrètement la démolition contrôlée des deux bâtiments du World Trade Center contenant 50 000 travailleurs et muni d’un important système de sécurité incluant des gardes qui travaillent jour et nuit, sans que personne ne remarque quoi que ce soit d’inhabituel.

« Hein? Ben voyons donc! Sérieux? », m’estomaqué-je. Je me lève, choquée, je vais me voir dans le miroir. Elle est toujours là, cette grosse touffe de cheveux frisés qui me caractérise si bien qu’elle permet à mes amis de me trouver facilement dans une foule, malgré mes 5’2’’.

J’en reviens tellement pas que j’ai l’impression que je défrise.

C’est ça le premier argument? L’argument le plus important? Un argument non-scientifique visant à démontrer qu’un argument scientifique n’a aucune valeur scientifique? Voyons donc! Normand!

D’abord trois tours se sont effondrées ce jour-là, pas deux. Ensuite, plus un édifice est gros et plus il y a de monde dedans, plus c’est facile de passer inaperçu, non? Grosse touffe ou pas, pas mal plus facile de trouver quelqu’un au Bistro à Jojo qu’au Saint-Sulpice, me semble.

Le plus surprenant cependant, c’est que l’auteur ne démontre pas de manière scientifique qu’il n’y avait pas d’explosifs dans les tours. Il ne fait qu’affirmer qu’il est impossible qu’on y ait secrètement placé des explosifs. C’est possible certain! Il y avait des explosifs, cela a été démontré scientifiquement par plein d’experts en démolition contrôlée, d’architectes et d’ingénieurs, de chimistes et de physiciens, sans compter que des centaines de témoins ont entendu des explosions, dont de nombreux pompiers et policiers.

Autrement dit, Mohr nie la réalité. Il nie la science.

Tu le dis si bien, Normand, dans l’article de Gaétan le journaliste: « le déni de la science est un phénomène intrigant, complexe… et parfois même dangereux. »

L’argument de Mohr, c’est un peu comme dire : « Vous ne pouvez pas fabriquer secrètement une bombe nucléaire. » Elle a explosé, la bombe, sti. Deux fois en plus. Elle a donc été fabriquée! Et elle l’a été dans le secret le plus absolu.

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Usine K-25, Oak Ridge, 1945. L’uranium de la première bombe atomique a été produit dans cette usine s’étendant sur une superficie de 44 acres. Source: The Atlantic. Photo: Ed Westcott

S’il a été possible de faire travailler près de 100 000 personnes sur un projet aussi vaste et secret que la première bombe atomique sans qu’elles aient su de quoi il s’agissait, ce doit être possible de faire travailler quelques hommes sur un projet secret dans des édifices où 50 000 personnes travaillent sur des milliers d’autres projets pas rapport et qui ont autre chose à faire qu’espionner le bureau d’à côté et soupçonner des gars de la maintenance. Non?

En résumé, pour Mohr, il est tout à fait possible que les 19 terroristes du 11-Septembre aient pu déjouer l’armée la plus puissante au monde, le réseau d’espionnage et le système de défense les plus importants et les plus sophistiqués de la planète, mais il est carrément impossible que des terroristes aient déjoué 50 000 civils et une poignée d’agents de sécurité.

C’est ri-di-cu-le.

Anyway, la question de savoir si c’est possible ou pas ne se pose même pas. La question qu’il faut poser est QUI a mis les explosifs là et comment.

Cet expert en démolition a travaillé pour le service des incendies de New York et dès qu’il a vu les tours s’effondrer, il savait qu’il s’agissait de démolitions contrôlées. Il explique pourquoi ici. Et de manière scientifique svp.

*

Il existe cependant un autre fait historique encore plus probant que le secret atomique pour contredire l’argument « c’est impossible » de Mohr.

Un jour quelconque de 1978 où il ventait peut-être

L’histoire se passe à Manhattan – décidemment, ce nom porte malheur.

Diane Hartley, étudiante en architecture, contacte William LeMessurier, l’ingénieur en structure de Citicorp, aujourd’hui Citigroup Center. Construit en 1977, le premier édifice post-moderne de New York se classe à l’époque au 7e rang des édifices les plus grands au monde. Diane apprend à William qu’en raison d’un défaut de construction et de sa structure particulière, le bâtiment, dont la base est formée de quatre piliers, risque de s’effondrer en cas de vents suffisamment violents. Afin d’éviter la catastrophe, des plaques d’aciers doivent être soudées illico sur 200 joints métalliques.

citicorp

Ainsi naît l’opération clandestine de réparations d’urgence du Citicorp : Project SERENE (Special Engineering Review of Events Nobody Envisioned).

LeMessurier et son équipe collaborent avec Citicorp afin de coordonner les réparations. Avec l’aide du NYPD, ils préparent un plan d’évacuation sur un rayon de 10 pâtés de maisons. Ils ont 2500 volontaires de la Croix-Rouge en disponibilité, trois différents services de météo surveillant d’éventuelles tempêtes violentes, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Les soudeurs travaillent la nuit et quittent au lever du jour, lorsque reviennent les travailleurs. (Joel Werner et 99% Invisible, The Design Flaw That Almost Wiped Out an NYC Skyscraper, Slate, 17 avril 2014.)

Cette opération dure trois mois, implique pas mal de monde et demeure secrète jusqu’en 1995.

Ah ben tabouère. Presque 20 ans de secret toi!

C’est ben beau le (pseudo) scepticisme, mais il faut voir la réalité en face : des opérations secrètes impliquant ben du monde, ça se peut. Ça s’est fait pour la bombe atomique et pour réparer un édifice en plein cœur de Manhattan.

*

Dans son article, Gaétan le journaliste pose la question suivante:

Alors, comment départager le vrai du faux dans cette affaire. Qui croire? À quelle source faire confiance? Au gouvernement? À des « experts indépendants »?

Il ne nomme pas les deux sources que je lui ai données. Il mentionne Architects & Engineers for 9/11 Truth, oui, mais seulement au passage, pas de nom propre et prend soin de les dénigrer en disant que leurs arguments « jouent en boucle depuis des années dans les cercles conspirationnistes ». Il ne parle cependant pas de Consensus 9/11, un excellent site hyper bien documenté et en français en plus.

Les sources à Normand, il les met dans un esti de gros carré en plein milieu de l’article en les qualifiant comme suit :

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« Bonnes et solides » mon cul.

C’est d’une neutralité éclatante, ne trouvez-vous pas?

Regardez la vidéo de AE911Truth et lisez le texte de Mohr. Jugez par vous même qui analyse la question explosive avec un esprit critique. Pour ma part, je conclus qu’un dude qui nie les faits, l’Histoire et la science est loin d‘être un exemple de pensée critique.

Je vais donc laisser faire tes p’tits sites de wanna be sceptiques, Normand. Tant qu’à aiguiser mon sens critique avec ça, j’aime autant lire la Bible.

*

*Je le sais « job » est un nom masculin. En théorie, pas en pratique. Je ne connais pas un Québécois qui dit « mon job ». Tout le monde dit « ma job ».

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4 réflexions sur “La cité secrète et le 11-Septembre

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